Les transports pour les radins

lambert

Il y a peu, nous avons eu une petite idée un peu anarchiste qui devrait permettre à chacun de voyager partout dans Tôkyô pour un investissement faible.
Nous décrivons ici l’idée générale sans pour autant encourager nos lecteurs à l’appliquer.

Situation.

Au Japon, les abonnements aux transports en commun prennent en compte le point de départ et celui d’arrivée. Si vous avez un Shinjuku-Sibuya, et partez de Shinjuku, impossible de vous rendre à Ueno sans payer plein-pot la distance Sibuya-Ueno. Considérez qu’une zone de carte orange fait exactement une station au Japon. Et en fin de semaine ou vacance, point de réduction ou de limite qui saute. Et bien évidemment, plus notre forfait couvre une longue distance, plus il vous en coûte.

Problème.

Notre approche repose sur le fait que le forfait, la « carte-orange » nommée « teiki-ken », est anonyme, et que les contrôles sont inexistants, du moment qu’on entérine notre trajet en sortant par le portillon. Il est possible bien évidemment de resortir à la station à laquelle on est entrée sans le moindre frais dans la mesure ou cette station est sur notre trajet. Alors, comment faire?

Solution.

Vous achetez un teiki qui couvre juste deux stations, à savoir le minimum suggéré tant par le bon sens que par les logiciels des compagnies de transport (qui, rappelons le, sont plusieurs à Tôkyô à se partager le trafic). Vous entrez dans votre station le matin pour aller travailler, et vous *laissez* votre titre de transport caché dans votre planque d’anarchistes anti-capitalistes mais consommateurs-du-moment-que-c’est-de-la-marque (car après tout, nous sommes au Japon). Quand vous arrivez à destination, vous vous rendez vers la petite cachette où s’accumulent moult teiki-ken laissés par des usagers bienveillants et vous en prenez un pour sortir. Le soir, au retour, vous en faites de même. Moralité, en participant à la rébellion en proposant votre titre de transport, vous voyagez partout dans Tôkyô pour le prix mensuel d’un forfait couvrant deux stations juxtaposées, soit des cacahuètes.

Discussion.

Si assez de monde s’y met, vous voyagez vraiment tout le temps pour pas grand-chose. Si jamais plus aucun titre n’était disponible à votre arrivée, allez voir le guichetier et payez comme si vous aviez perdu votre titre de transport. De toute façon, il vous fera confiance quand vous lui direz que vous venez de la station la plus proche, et statistiquement, ça vous coûtera au final moins qu’un véritable abonnement longue distance.
Notez aussi que si les horaires correspondent, vous pouvez faire ça juste à deux si vos destinations et arrivées se croisent et que vous êtes prêts à vous donner un peu de mal pour contester les prix aberrants des transports au Japon.

Conclusion.

Entuber le Tube, racketter la RATP, et frauder Tôkyô metro, c’est mal. Mais nous sommes abasourdis par la facilité avec laquelle le système japonais de métro peut-être contourné. Pour le bus, c’est une autre paire de manche, et dans tous les cas, nous vous incitons à ne pas reproduire les techniques développées dans ce billet.

25 Commentaires

  1. alban
    Le 8/03/2009 à 19:39

    Mouais… Ca me fait vaguement penser a un fait divers récent (voir ici http://www.youtube.com/watch?v=sa6kmmCg0yE).
    3 adolescents français qui volaient des jeux video dans un magasin (softmap pour ne pas le citer) et les revende 100m plus loin, dans le autre magasin, du même groupe (sic)…
    Un des mômes a sorti pour se justifier qu’il est vraiment trop simple de voler au Japon et que les japonais devraient faire plus attention (!)

  2. Le 8/03/2009 à 20:59

    Disons que l’approche énoncée dans notre article n’est pas supposée inciter à quoique ce soit, mais qu’elle montre un aspect inattendu du système si tout le monde s’y met. Évidemment, si tout le monde s’y met, nous imaginons que les sociétés de transport vont vite faire faillite (ou revoir soit leur grille de tarifs, soit leur politique sécuritaire).
    Sacrés Français, à ne jamais vouloir faire comme tout le monde !

  3. Le 8/03/2009 à 21:04

    Le truc c’est qu’en général, quand tu travailles, ton teiki est payé par ton entreprise (jusqu’à un certain montant, en fonction des boites il me semble que ça peut aller jusqu’à 20 000 yen). Pour les employés, à moins de vouloir faire économiser des sous à ton entreprise (ce qui pourrait être assez japonais, finalement), je ne vois pas trop l’intérêt…

    Il me semble qu’avec un teiki magnétique à l’ancienne (non suica/pasmo/etc.), si on est malin, on peut également faire des économies substantielles (ou du moins on pouvait, il y a quelques années, je ne sais pas si c’est encore le cas)… ;)

  4. Le 8/03/2009 à 22:22

    mon teiki fait plus de 80.000 yens pour 6 mois
    bien sur c’est la boite qui paye, mais je travaille dans la cambrousse donc il ne me sert pas la weekend quand je vais dans l’autre sens vers Tokyo
    il est vrai que ca fait mal de mettre 2000 yens dans sa suica presque tout les weekends

  5. Beud
    Le 8/03/2009 à 22:23

    J’ai rien compris a ta magouille.

    De toute façon, oui effectivement, tu peux toujours resortir sans ticket en disant que tu es juste allé aux chiottes. Et alors ? Tu peux aussi prendre mon vélo que j’ai oublié d’attacher etc…

    Euh ce n’est pas dans la note précédante que tu étais surpris par le manque de confiance d’un japonais a ton égard ? :)

  6. Le 9/03/2009 à 0:55

    Je précise, pour ceux qui n’ont pas encore compris, que ce blog est un blog COLLECTIF. Les différents auteurs peuvent écrire sur les sujets de leurs choix, leurs propos n’engagent qu’eux.
    Dans le cas présent, ça n’est pas moi qui ai écrit cette note.

  7. lIEP
    Le 9/03/2009 à 10:14

    Les contrôles sont inexistants?
    Et il arrive quand même aux jeunes japonais voyous et rebels de frauder?!

    En tout cas très bel exemple de solidarité humaine dans l’arnaque ; l’honneur du magouilleur!

  8. Le 9/03/2009 à 10:15

    Beud :
    Tu rentres dans la station, tu passes le portillon, et tu donnes ta carte à un fraudeur qui sort en l’utilisant. Il sort sans avoir payé, et toi, tu es dans le réseau sans titre. Quand tu veux sortir, tu prends le titre de quelqu’un qui vient de rentrer, et voila.

    Le but est pas de frauder une fois, mais de montrer que le système est vulnérable à un “changement de mœurs” des japonais sans qu’on tombe dans l’illégalité : j’entre avec un titre valide, je sors avec un autre valide. Le truc, c’est qu’il suffit à tout le monde de prendre un titre qui ne couvre qu’une seule station (celle où l’on rentre et où un autre sortira).
    Pas de vol, pas de mensonge, pas d’illégalité, mais une bonne ruse.

  9. alban
    Le 9/03/2009 à 10:18

    Peut etre faudrait-il que le nom de l’auteur apparaisse plus clairement (i.e. TITTLE by AUTHOR) car pour le moment, il faut aller jusqu’en bas pour savoir qui écrit.

  10. Le 9/03/2009 à 17:30

    Alban: sur la page d’accueil, le nom de l’auteur et la date sont sous le titre, clairement indiqués.
    Mais un rappel sous le titre du billet lui-même, le tout couplé à une présentation plus visible du concept du blog ne seraient pas une mauvaise idée, certes.
    Voire une petite icône signalétique propre à chaque auteur ?

  11. Le 9/03/2009 à 19:37

    he ben… c’est se donner beaucoup de mal pour pas grand chose. T’as de la chance d’avoir du temps pour penser a des combines comme ca… Si tout ce que les Francais ont a apporter aux Japonais est un esprit resquilleur (qu’ils n ont pas trop je crois), ce n’est pas glorieux. Et je ne vois pas pourquoi il y aurait un “changement de mœurs” des Japonais en ce domaine… Tu devrais essayer d’utiliser ton esprit imaginatif (que tu as visiblement) a quelque chose de plus productif ( ou du moins positif) !

  12. Le 9/03/2009 à 20:08

    Jérome.
    Rhaa. Nous ne disons pas qu’il y a un changement de mœurs, mais que s’il y en avait un (c-à-d “si tous les Japonais se mettaient à cette combine”), alors il faudrait repenser le système.
    Nous apprécions énormément la sécurité et confiance réciproque dans ce pays (la “naïveté” diront certains).

    Nous pensons qu’une telle martingale en France serait exploitée aussitôt ; cependant, elle ne semble pas répandue ici. C’est une différence sociologique qui mérite d’être soulignée. Le Français pense “comment déjouer”, le Japonais, face à la proposition se demandera “mais pourquoi diable vouloir déjouer ?”. D’autant plus qu’avec un tel gain pour une telle facilité, nous pensons que la thèse est d’autant plus corroborée.

    Nous ne pensons pas nous être si mal exprimés initialement, et nous sommes étonnés d’avoir été mal compris par tant de lecteurs (sans doute trop français pour voir autre chose qu’une vile fraude − que nous avions pourtant dénigrée dans la conclusion de l’article lui-même.)

  13. Le 9/03/2009 à 22:14

    mmm… ouais, si c est pour dire que les Français ont tendance a chercher la combine qui les arrangent, plus que d’autres, ok admettons.

    Sinon pour la combine en elle-même (tu vois j’y ai “refléchi” dans le train…). Ca signifie que le même teiki sert a entrer et sortir de la même station? c est ça?… sauf que ça ne marche pas après un certain temps, il faut alors s’expliquer au guichet … D’ailleurs a Shibuya si tu entres côté Minami ou autre et sort à Shin-Minami (ou sens inverse) : ils font payer (juste pour les 250m à pied)!!

    T’inquiètes si un jour des gens s’essayaient a de telles conduites (?) , je suis convaincu que les autorités seraient toutes aussi promptes à régler le problème! ( On est quand même dans le pays du presque tout payant; c’est juste un constat, pas un reproche, j’y vois plutôt des bons côtés…)

  14. Le 9/03/2009 à 23:47

    Eh bien non, c’est gratuit si c’est sur ton trajet !
    Nous avons traversé mille-et-une fois les stations de Shinjuku et Shibuya en passant par l’intérieur quand il faisait un peu froid l’hiver (les deux étaient des stations couvertes par notre teiki).

    Nous sommes sûrs aussi que le pays réglerait le problème si les Japonais abusaient de cette possibilité, alors que les Anglais de TFL, et les Français de la RATP ont certainement pris en compte la fraude dès leurs conceptions des portillons.

    Notons que le Canada, qui est le pendant occidental du Japon dans la sécurité, possède un métro à Montréal qui est lui aussi dénué de tout système anti-fraude: il suffit de faire semblant de mettre un ticket et de préparer le tourniquet… Curieusement, il ne leur vient pas tant que ça l’idée (ou l’envie) de tricher.

    La distinction relève donc de la philosophie : “pouvoir, est-ce devoir ?” ; et le commentaire d’Alban, le premier de ce post, résume bien la situation. L’homme muni de l’information, sa morale fait le reste.

  15. Le 10/03/2009 à 0:28

    alban > Tout à fait de ton avis. Je vais ajouter ça dans le layout des articles individuels.

    Jerome > Je ne crois pas spécialement que les Français “cherchent la combine qui les arrangent” plus que les Japonais. Dans un autre domaine, quand il s’agit d’imaginer toutes les combines possibles pour payer le moins d’impôts possibles, voire pas du tout, les Japonais ne sont pas non plus les derniers ;) …

  16. laurent
    Le 11/03/2009 à 12:46

    pour les impots c’est simple tu dis que tu as acheter une gros logiciel a hong kong dans une societe offshore a multi proprietaire (tu mets ta soeur si tu veux type sarl ou sas) … cout 500 euros :D c’est ce qu’on apelle les paradis fiscaux offshore… sinon tu fais faits des magouilles de compta…tu changes l’argent de colonne de droite a gauche:fraude fiscale.
    Apres si tu veux faire disparaitre l’argent tu retires tout tu vas en suisse et tu déposes sur un compte numéroté, ou tu vas a Dubai investir dans l’immobilier : blanchiment d’argent.

    C’est pas bien, le peer to peer non plus…

    pour le metro je passais juste derrière le gars qui me précédait en le collant… enfin en Octobre dernier… c’est simple… efficace… et les “gardes” s’en foutent a un point…. mais a un point….on est gaijing ou non ? :D

  17. laurent
    Le 11/03/2009 à 12:49

    mince j’ia pas fais gaffe a mon “spell”

  18. Bingo
    Le 12/03/2009 à 1:20

    Remka > en effet, sont eux aussi capables de trésors d’ingéniosité pour trouver des combines. Même si parfois il s’agit de faire de gros efforts pour économiser des bouts de chandelles. Je me souviendrais longtemps d’une amie qui a passé 2 heures à traverser la ville et faire semblant de vouloir acheter une maison, juste pour économiser 200Y sur une bouteille thermos…
    Je m’égare. Je crois que la tendance à la combine, telle qu’on la trouve en France, vient du fait que le Français moyen est, au fond de son esprit, persuadé qu’il se fait escroquer à longeur de temps par la société (ou “l’Etat”, ou le “système”, appelez ça comme vous voulez). Il est pas impossible qu’il y ait là-dedans un fond de vérité (après tout, chacun ici pourrait sûrement témoigner d’anecdotes dans lesquelles il s’est fait rouler). Du coup, la combine est vue comme un moyen de se dédommager des escroqueries que l’on subit. De petits larcins qui ne sont rien comparés aux grands vols opérés par le “système”.
    Je ne pense pas que les Japonais aient ce genre de conception. Après tout, des commerçants polis et souriants, des policiers qui cherchent à rassurer plus qu’à faire peur, des fonctionnaires généralement courtois et rapides… tout ça ne donne pas envie de se venger.

  19. Th
    Le 12/03/2009 à 19:24

    Je suis d’accord avec toi Bingo. Ils n’ont pas autant de raison que nous d’en vouloir au systeme…

    Par contre dans cet article il ne s’agit pas de ruse, mais bien d’escroquerie, donc d’illégalité n’en déplaise à l’auteur.
    Ca m’embeterait pas mal que les français soient catégorisés comme des filous s’ils s’y mettaient tous. Ca me dit moyen de voir dans ce pays là le meme genre de machine que celles de la ratp a chatelet, ou les controleurs en série.

  20. Le 20/03/2009 à 19:19

    Euh… j’veux pas vous mettre le nez dans votre caca tout vieux, les mecs, mais les Japonais truandent le métro depuis des dizaines d’années, ils ont même un mot et une jeu de mot pour ça (et là, hop, complètement impossible de me le rappeler, RP la balletringue…).
    Quant à l’honnêteté du peuple Japonais, ouais, honnête comme des mecs qui inventent Winny et autres logiciels de P2P, utilisés même par les flics, honnêtes comme les gars qui vendent des magazines appelés “Download”…

    Faut pas exagérer, hein, dans le rapport à l’individu, évidemment on n’est pas dans l’escroquerie vile, et bien sûr les mecs font pas les gitans dans les magasins, mais faut quand même pas les pousser beaucoup pour qu’ils passent du côté Français de la Force, hein…

    Je crois qu’il s’agit vraiment plus d’une peur de se faire gauler en flag avec des gens qui regardent autour (“oh mon dieu il a fraudé le train, c’est un criminel !”) que par honnêteté.

    Je pense également que l’abondance de thune empêche le dilemne :” je l’achète ou je le vole ?”. Les Japonais ont l’habitude et les moyens de consommer, donc les combines leurs paraissent être un risque “mendôkusai” et inutile.

  21. Le 21/03/2009 à 16:59

    Claire que c’est fin nul comme astuce. C’est plus utopiste que realiste. Il faudrait que tout les Japonais soient hors la loi pour que ca fonctionne.
    Tu donne ta carte a un fraudeur et total quand tu veux ressortir tu l’as dans cul en plus tu as perdu une carte payee pour un mois juste pour un aller simple.
    Il y a une autre astuce plus realisable, c’est de passer les portes directement. Ca marche quand il y a beaucoup de monde.

  22. Seb
    Le 22/03/2009 à 0:05

    Moi je récupèrerais votre planque à Teiki, je les chourerai tous, et je les revendrai sur Yahoo Auc’.

  23. Arnaud
    Le 29/07/2009 à 14:23

    Bonjour, je sais que l’article est un peu vieux et je ne suis pas sur que mon commentaire intéresse grand monde, mais je suis actuellement au Japon pour 3 mois et je suis tombé sur cet article assez intéressant.

    “Je ne pense pas que les Japonais aient ce genre de conception. Après tout, des commerçants polis et souriants, des policiers qui cherchent à rassurer plus qu’à faire peur, des fonctionnaires généralement courtois et rapides… tout ça ne donne pas envie de se venger.”

    Je suis épaté (comme tout occidental ?) par l’honneteté apparente des japonais. Je n’ai pas de statistiques de fraudes sous les yeux, mais je suis certain qu’il y a beaucoup moins de fraudes (en %) sur les réseaux japonais que sur les réseaux français.

    Outre le sentiment de se faire arnaquer des Français qui a été cité, je voudrai faire remarquer qu’aucune système mis en place par la ratp ou autre n’a durablement et de manière pertinente fait diminuer les fraudes. Je pense même que l’effet est nul voire négatif, car toutes ces politiques ont un coup qui est répercuté sur le prix du billet… Comme le risque de vol sur les produits de n’importe quel magasin.

    Cela a aussi été dit et je le confirme, le salaire moyen au Japon est plus élevé qu’en France, et même si une moyenne est une construction intellectuelle, personne n’osera contester que, ramené au salaire, le % à débourser pour un ticket ou un abonnement rail au Japon n’est pas vraiment plus élevé qu’en France, et plutôt équivalent. C’est comme le mythe de l’augmentation du prix de l’essence. N’importe quel scientifique/économiste sérieux vous dira que le prix de l’essance à la pompe ne fait que baisser puisqu’il augmente moins que le salaire moyen et que la consommation moyenne des moteurs. D’ailleurs (je m’écarte du sujet mais tant pis), toute croissance économique n’est qu’une diminution du coût de l’énergie (par l’exploitation ou l’optimisation de l’utilisation des outils techniques).

  24. Arnaud
    Le 29/07/2009 à 14:24

    erratum : essence, pas essance, évidemment

  25. Kaksan
    Le 12/10/2009 à 9:53

    Ouais mais ton truc ça ne marche que si on ne doit pas changer de ligne… Non parce que sinon, il y a mieux encore : s’acheter deux pass : un pour l’entrée, l’autre pour la sortie. Et là, on n’a plus besoin d’un complice.

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